Curiosité

La curiosité

Organisateurs : Rachel Darmon, Adeline Desbois, Arnaud Laimé et Alice Vintenon

Etymologiquement dérivée de cura, le « soin », la curiosité apparaît tantôt comme un louable désir de connaître, manifestant la dignitas hominis, tantôt comme la recherche insatiable de vaines nouveautés ou de vérités hors de portée de la condition humaine. Dans notre imaginaire collectif, les plaidoyers exaltés des humanistes pour les disciplines restituées, pour les découvertes philologiques et scientifiques font de la Renaissance un âge d’or de la  bonne curiosité.

Pourtant, l’enthousiasme de cette époque ne va jamais sans une profonde réflexion sur les limites de la connaissance : l’héritage augustinien semble amener ces mêmes humanistes à censurer cet appétit de savoir, soupçonné d’être le ferment de l’orgueil et de faire oublier la priorité de la foi. Cette valorisation de l’humilité s’inspire également du modèle antique de Socrate, auquel Erasme attribue le mérite d’avoir « détourné les hommes de la curiosité pour des sujets qui ne les concernent pas » (Apophtegmes III, Socratica 22), comme les sciences de la nature, au profit des investigations apparemment plus modestes de la morale. L’expression de l’ambivalence de la libido sciendi est portée à son comble dans le propos paradoxal du De incertitudine et vanitate omnium scientiarum d’Henri-Corneille Agrippa (1530), qui accumule de manière encyclopédique la totalité des doctrines et des disciplines développées par l’homme afin de démontrer leur vanité : la simplicité d’esprit est valorisée comme l’attitude la plus proche de la sainteté.

Quels critères sont alors utilisés pour distinguer bonne et mauvaise curiosité ? Si la ligne de partage semble parfois se superposer aux frontières disciplinaires, en condamnant par exemple des sciences aux objets extraordinaires ou lointains comme l’astrologie ou la divination, les travaux de Jean Céard ont montré que certains philosophes de la Renaissance mettaient parfois en question, de manière plus générale, la pertinence de l’assimilation de la curiosité à la rareté et se demandaient si les « merveilles » dignes d’investigation devaient être recherchées dans les phénomènes exceptionnels ou dans les réalités quotidiennes.

Il faut donc, on le voit, réinterroger sans cesse les valeurs données à la curiosité au cours de la Renaissance. Les communications pourront adopter des approches pluridisciplinaires et s’inscrire notamment dans les perspectives suivantes :

1)      Le lexique de la curiosité : désignant à la fois le sujet et l’objet de la curiosité, l’adjectif « curieux » renvoie à des réalités différentes, selon son contexte d’utilisation, qu’il conviendra de définir. Il faudra également distinguer la curiosité de notions voisines, comme l’étonnement ou la « merveille ».

2)      Les représentations du curieux à la Renaissance : on pourra par exemple se demander si le curieux est doté, chez les médecins, d’une complexion humorale particulière, et si ses représentations picturales se rapprochent de physionomies connues, comme celle du mélancolique. Les travaux pourront porter sur les représentations littéraires inspirées de figures mythiques (Actéon, Prométhée) ou historiques (Thalès) de la curiosité, ou sur des personnages de curieux forgés par les auteurs de la Renaissance, comme le Curieux de Pontus de Tyard, Panurge, ou le « curieux impertinent » de Cervantès. De même, on pourra s’interroger sur la manière dont les savants (philologues, astronomes, voyageurs, etc.) décrivent et justifient leur propre appétit intellectuel.

3)      Le savoir et la curiosité : favorisé par l’essor de l’imprimerie, le travail érudit des philologues sur les textes anciens peut, par exemple, apparaître comme une nouvelle forme de curiosité, suspecte de vanité et tenue de prouver son utilité dans la cité. Qu’en est-il vraiment ? On pourra de même s’intéresser aux manifestations concrètes de la curiosité à la Renaissance, du développement des éditions savantes à l’essor des cabinets de curiosité. Il faudra bien sûr aussi étudier le rôle de la curiosité dans la construction des savoirs scientifiques : on pourra se demander dans quelle mesure sont corrélés curiosité et progrès scientifique, et comment évolue la notion du XVIe au XVIIe siècle, où science et philosophie se marient plus étroitement.

4)      La place de la curiosité dans les polémiques religieuses et philosophiques de la Renaissance : on pourra évaluer l’impact des nouveaux courants religieux (devotio moderna, évangélisme, Réforme), travailler sur les différentes cibles que vise, au cours du XVIe siècle, l’accusation de « vaine curiosité », comme la rationalité scolastique, la lecture directe de la Bible prônée par les Réformés, l’exégèse allégorique pratiquée par les catholiques, …

5)      La place de la curiosité dans la vie morale : jusque dans les théories contemporaines du care, l’extension qu’il convient de donner à l’intérêt pour autrui constitue l’une des questions fondamentales de la philosophie politique, et l’on pourra s’interroger sur les limites que la philosophie de la Renaissance assigne à cette manifestation de la curiosité.

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(Ad)mirer

(Ad)mirer (2003-2004)

Organisatrices : Elsa Kammerer, Anne-Hélène Klinger et Anne-Laure Metzger-Rambach.

Le verbe mirer fait se rencontrer plusieurs champs sémantiques à la Renaissance. Le regard qui mire un objet – beauté féminine, merveille naturelle, œuvre d’art – l’observe, le contemple, se concentre sur lui, voire, dans les domaines de la chasse ou du jeu, le vise. La forme réflexive se mirer exprime la quête d’une règle, d’un exemple, d’un modèle à imiter, ou encore chez Montaigne, d’une connaissance de soi médiatisée par l’observation d’autrui. Il n’est qu’à mesurer l’engouement de cette époque pour les devises, médailles, emblèmes et autres représentations symboliques pour constater que le visible, l’exemplaire et l’admirable sont alors susceptibles de perceptions et de réalisations artistiques communes. Mirer, tout comme son composé admirer, renvoie à un état affectif intense, une « commotion de l’âme », qui se décline selon des modes parfois bien étrangers à notre admiration moderne, qu’il s’agisse de « l’ébaïssance » du voyageur, de la réaction suscitée par la merveille et le mystère, ou encore de l’inspiration du poète « tiré », « ravi en admiration ». Dans quelle mesure la connaissance humaine et l’activité scientifique, littéraire et artistique de la Renaissance sont-elles animées par ces « manières de voir » dont nous voudrions explorer la spécificité ? Si l’admiration constitue peut-être une des formes privilégiées de l’optimisme dont on crédite mainte réalisation de cette époque, ne fait-elle pas aussi l’objet, dans le contexte de l’imitation ou de la créance accordée aux miracles par exemple, de mises en garde et d’une certaine défiance ? Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble, autour de textes connus et moins connus allant de la fin du Moyen Âge au seuil du XVIIe siècle, afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que la polysémie d’(ad)mirer révèle du foisonnement complexe de la pensée, des arts et des savoirs de la Renaissance.

24 novembre 2003 :
Anne-Hélène Klinger (Université de Lille 3)
« Figures de l’admiration et du ravissement chez Charles de Bovelles »

15 décembre :
Agathe Sultan (Université de Paris IV-Sorbonne)
Miroirs sonores : les motets de Guillaume de Machaut, du microcosme au macrocosme.

12 janvier :
Anne-Sophie Germain (Université de Picardie)
Les Merveilles de la ville de Rome : les guides de Rome à la Renaissance et leur influence sur l’admiration des voyageurs français.

2 février :
Benedikte Andersson (Université de Versailles Saint Quentin)
Le miel de la merveille admirer pour écrire. Etienne Binet, Le Livre des merveilles (1621)

3 mai :
Céline Bohnert ( Université de Paris IV)
« Ce beau sujet le miracle d’amour » : admiration et ravissement dans Le Combat de l’Amour et de la Chasteté de François Mandelot (1619) et L’Adonis de la Cour de Claude Favier (1624)

24 mai :
Grégoire Holtz (Université de Paris IV)
L’Admiration de la nature dans les pérégrinations (1611-1617) : les récits de François Pryrad et de Jean Mocquet.

7 juin :
Claire Couturas (Paris) et Bruno Roger-Vasselin (Paris)
Séance à partir des Essais de Montaigne.

14 juin :
Anne-Pascale Pouey-Mounou (Université de Picardie-Jules Verne)
Les Admirations de Panurge.

Fantaisie

Fantaisie (2008-2009)

Organisateurs : Céline Bohnert, Nicolas Correard, Karine Descoings et Arnaud Laimé.

Sous la plume de Montaigne, la fantaisie est placée à la croisée des chemins entre un processus cognitif universel et un trésor mental amassé au fil d’expériences singulières : elle est une faculté qu’il convient de tenir en bride mais aussi l’expression d’une nature unique. Si le terme grec phantasia, dérivé de phôs, la « lumière », désigne à l’origine la faculté commune de se représenter mentalement le sensible, l’équivalent français, « fantaisie », en est venu à évoquer les chimères individuelles, les caprices et les vagabondages intellectuels. Ce terme, réservé dans l’Antiquité à des emplois savants, dans les réflexions philosophiques, esthétiques ou rhétoriques, pour désigner une faculté qui participait du processus cognitif, a pourtant toujours suscité une certaine défiance liée à sa dépendance envers les images et la sensation, dont la fiabilité et l’universalité demeuraient problématiques. Au cours de la période moderne, la notion perdra de sa densité conceptuelle et suscitera une défiance plus grande encore, comme l’imagination, « maîtresse d’erreur et de fausseté » voire « folle du logis », avec laquelle elle se confond parfois. La Renaissance apparaît comme une étape essentielle dans l’évolution de la notion : c’est à ce moment peut-être que le terme recouvre sa plus grande richesse notionnelle. Cette polysémie, constituée au carrefour de l’héritage antique et de réélaborations philosophiques, artistiques et poétiques nouvelles, annonce le basculement d’une conception de la fantaisie comme faculté universelle vers l’idée de la singularité individuelle éventuellement capricieuse.

Le séminaire cette année sera ainsi consacré à la fantaisie, dont nous examinerons les enjeux dans les domaines de la connaissance, de l’action et de la création.

  • En articulant le sensible et l’intelligible, la fantaisie nous permettra d’explorer les théories de la sensation et de ses pathologies, la question des passions aussi bien que les mécanismes de la pensée.
  • La notion, qui interroge également la pensée de la représentation, pourra éclairer le débat sur la mimesis, le paragone des arts et le rôle dévolu à l’image, origine et fin de la production artistique. On explorera ses liens à des notions comme l’enargeia rhétorique, l’imagination, la rêverie et le caprice. On ne négligera pas non plus les termes dérivés comme phantastique, fantasier, fantastiquer, fantasme ou même fantôme.
  • Enfin, alors qu’émerge au cours du siècle l’idée de fantaisie singulière, il faudra voir comment le terme a pu se décliner sous une série de formes esthétiques, voire de genres, propres aux différents arts, en musique, en peinture ou en littérature.

Progamme :

12 janvier :
Karine Descoings
Fantasma d’amore, quand la bien-aimée vient hanter son poète

12 janvier :
Alice Vintenon
« Phantasia loquitur : le problème de la réception des fictions de l’imagination dans la théorie littéraire du XVIe siècle »

9 février :
Agnès Rees
La fantaisie chez Ronsard

Christine Pigné
Le mouvement de l’imagination dans certaines œuvres tardives de Ronsard

16 mars :
Louis Picard
« Monstres naiz dedans la fantaisie » : un aspect de la méditation amoureuse chez Ronsard et Shakespeare

27 avril :
Luce Albert
Quand phantasie rime avec hérésie : Calvin et la secte phantastique et furieuse des libertins qui se nomment spirituelz »

18 mai :
Alice Lamy
L’ambivalence de la phantasia dans le premier humanisme parisien et ses valeurs noétiques et spirituelles  : l’exemple de Pierre d’Ailly et de Jean Gerson.

8 juin :
Pierre Darnis
Fantasía, imaginativa et romans de chevalerie : folie et normalité livresques de don Quichotte

Maîtres-maîtrise

Maîtres-maîtrise (2007-2008)

Organisateurs : Céline Bohnert, Karine Descoings, Arnaud Laimé et Agnès Passot-Mannooretonil.

« De maître Eckart à maître Pathelin, les hommes du Moyen Âge et de l’humanisme naissant ont plaisir à reconnaître la qualité de maître et sont enclins à distribuer ce titre : maître artisan, maître ès arts, mais aussi maître des hautes œuvres ou bourreau, maître coq en cuisine, notaire, prêtre, membre du Parlement, théologiens, savants… chaque domaine de savoir, technique et abstrait, reconnaît l’autorité de maîtres. Mais le XVIe siècle s’amuse également à jouer avec ce qui est devenu une figure : « Maistre Jehan » est aussi bien le grand clerc que le mari trompé, l’ivrogne, le cocu ou le vaurien − l’expert ou la dupe. En des temps où les humanistes ne cessent de repenser les formes et la transmission du savoir, les railleries de Rabelais sur les théologiens et leur science « magistronostrale » − et plus généralement sa mise en question de tout dépositaire du savoir − expriment à la fois une permanence du modèle et une critique du caractère formel et parfois figé de la maistrie médiévale. L’humanisme semble en effet promettre une émancipation de la pensée et de l’individu par rapport aux grandes figures et aux fonctions de maître. Mais ces dernières n’en restent pas moins un élément essentiel du fonctionnement d’une société et de savoirs temporels et spirituels hiérarchisés aussi bien qu’une matrice féconde pour l’imaginaire de l’époque. La richesse et la plasticité de la notion de maître à la Renaissance ne viennent-elle pas entre autres de la tension que suppose la réorganisation des hiérarchies ? La refondation des études au sein des collèges, héritiers de la tradition médiévale, où le maître devient peu à peu auteur, la création de nouveaux lieux de formation et de recherche (collège royal, académies…), l’avènement de cercles poétiques importants où s’élaborent des savoirs ou des pratiques nouvelles qui peuvent même modifier le fonctionnement d’institutions parfois anciennes font ainsi apparaître de nouveaux types de maîtres assez éloignés du docte maître de faculté, le magister. À travers les ambivalences que suscite cette notion, on voit transparaître la tension entre la réduplication d’un savoir, d’une technique et le désir d’accroître, d’augmenter ce savoir (car telle est l’étymologie du terme magister) qui traverse également le débat entre l’imitatio, copie parfois stérile de l’œuvre du maître et l’aemulatio qui cherche à la dépasser ou, du moins, à l’actualiser, à se l’approprier. Comment ces nouveaux rapports entre maîtres et disciples se constituent-ils et comment sont-ils représentés ? Par exemple, en quels termes la vénération pour un Dorat ou un Lefèvre d’Étaples est-elle formulée ? Comment l’attachement d’un Marot, d’un Brodeau ou d’un Charles Fontaine pour Marguerite de Navarre, qui exerce sur ses protégés un rayonnement spirituel et poétique autant qu’une autorité hiérarchique, s’exprime-t-il ? »

lundi 26 novembre :
Présentation du thème d’année par les organisateurs.
Agnès Passot-Mannooretonil (Paris) :
Marguerite de Navarre (1492-1549), maîtresse des coeurs et des esprits

lundi 21 janvier :
Natalia Bercea-Bocskai (Universités de Cluj et de Genève) :
Le jugement de Midas : mauvais lecteurs et bons maîtres dans les Epistres invectives d’Hélisenne de Crenne (1539)

lundi 18 février :
Élise Rajchenbach (Paris III-Sorbonne Nouvelle) :
Quelques figures de maîtres à Lyon entre 1545 et 1550 : questions d’autorité

lundi 31 mars :
Arnaud Laimé (Paris 8) :
Rabelais et ses maîtres : visions de la maîtrise dans les romans rabelaisiens

lundi 14 avril :
Nicolas Corréard (Paris VII)
La foire aux maîtres : les réécritures humanistes de la Vitarum auctio de Lucien de Samosate

lundi 19 mai :
Candice Delisle (The Wellcome Institute for the Medicine at UCL London) :
Intervention sur l’histoire de la médecine

Mémoire

Mémoire (2006-2007)

Organisateurs : Céline Bohnert, Grégoire Holtz, Elsa Kammerer et Anne-Hélène Klinger-Dollé

L’essor de l’imprimerie au XVIe siècle, relayé par la promotion de la culture humaniste contre les méthodes et les écrits des générations précédentes, pourrait laisser attendre un combat entre écriture et mémoire, sur le mode du « Ceci tuera cela ». Les études majeures de F. A. Yates, Paolo Rossi ou Lina Bolzoni ont démontré qu’il n’en est rien : la Renaissance s’avère, paradoxalement, l’âge d’or de la mémoire et des « arts » chargés de la développer.
Plus encore, la notion de « mémoire » __ qu’il s’agisse de la faculté humaine de se souvenir, de la réputation des grands hommes ou du monument qui conserve la mémoire __ conquiert alors de nouveaux territoires dans l’ensemble de la création littéraire, historique, artistique ou philosophique. Un penseur comme Bovelles remodèle la tradition aristotélicienne et augustinienne : il accorde à la mémoire un rôle de premier plan en définissant l’intelligence humaine comme l’union intime de l’intellect et de la faculté remémorative. Mnémosyne continue de patronner largement la poésie et les arts libéraux ; dans le même temps, la prédilection pour toutes les formes de reviviscence du passé favorise l’exploration de certaines modes poétiques comme celle des tombeaux, ou encore la promotion de la langue nationale dont la conservation et l’enrichissement constituent un enjeu problématique tout au long du siècle. L’intérêt pour le passé des hommes __ la « reverence de l’antiquaille » dont se joue Rabelais __ suscite aussi la multiplication des recueils d’Antiquitez et de Memoires des pays et des villes, ou encore les anthologies de proverbes anciens et même populaires. Les « memoires » sont pour leur part recherchés tant par les écrivains et historiens que par les imprimeurs. Le terme peut désigner aussi bien le genre historique des mémoires, en pleine expansion depuis Commynes, que les premiers témoignages manuscrits dont les voyageurs font la source authentique de leur propre relation. La chasse aux « lettres », « memoires », « papiers » et « brouillars » concerne par exemple l’histoire apologétique d’un Sully, mais aussi la remémoration des contrées nouvellement découvertes.

Nous chercherons dans quelle mesure la notion de «mémoire » – qui peut informer jusqu’à la présentation formelle et matérielle des œuvres elles-mêmes – préside à l’activité littéraire, scientifique et artistique à la Renaissance. La notion évolue-t-elle à mesure que l’écriture s’emploie à perpétuer le souvenir d’objets inédits ou redécouverts ? Les textes jouent-ils, consciemment ou non, de la polysémie du terme ?

En nous fondant sur une riche tradition d’études critiques sur la mémoire à la Renaissance, nous explorerons ces questions durant toute l’année. L’étude précise d’un ou plusieurs textes allant de la fin du Moyen Âge au début du XVIIe siècle ouvrira la discussion et fera l’objet d’une lecture commune approfondie. Notre approche, littéraire, accueille très volontiers la contribution d’historiens, d’historiens d’art et de philosophes, ainsi que de littéraires spécialistes des différents domaines linguistiques européens et de la littérature néo-latine.

6 novembre 2006
Parcours bibliographique et méthodologique.
Grégoire Holtz (Paris) :
L’écriture des mémoires au XVIe siècle : du document à l’apologie.

18 décembre 2006
Anne-Sophie De Franceschi (Université de Picardie-Jules Verne) :
Rome, un mémorial de la Terre sainte pendant la Contre-Réforme.

29 janvier 2007
Laetitia Sansonetti (Université Paris III-Sorbonne Nouvelle) :
Vérité historique, vérité personnelle : le rôle de la mémoire dans la création d’une identité littéraire chez les auteurs élisabéthains (Spenser, Drayton, Shakespeare).

5 mars 2007
Natacha Salliot (Université de Nice) et Audrey Duru (Université Lyon III) :
Mémoire, dévotion et spiritualité.

2 avril 2007
Anne-Hélène Klinger-Dollé (Paris) :
Conceptions philosophiques de la mémoire et pédagogie, de Charles de Bovelles à Pierre de La Ramée.

21 mai 2007
Agnès Rees (Université de Reims) :
Poésie et mémoire dans quelques œuvres de Ronsard et de Du Bellay (1550-1559) : du modèle rhétorique à l’élaboration d’une mémoire poétique.

Paroles

Paroles (2004-2005)

Organisatrices : Agnès Passot-Mannooretonil, Anne-Hélène Klinger, Elsa Kammerer et Anne-Laure Metzger-Rambach.

Le mot « parole », depuis l’ancien français, a largement élargi son champ de signification originel, celui de la parabole biblique ou rhétorique.Héritier d’un lexique latin abondant (sermo, vox, verbum, elocutio), le terme de « paroles » au XVIe siècle fait se rencontrer les différents champs sémantiques de la voix et du style, de l’acte de proférer, du discours et de la révélation. Poètes, médecins, prédicateurs et pédagogues, penseurs et philosophes de la Renaissance, sont sensibles à la double dimension des paroles: en même temps qu’ils s’interrogent sur leur origine spirituelle, ils accordent une importance majeure à leur matérialité (son, souffle, prononciation), à laquelle l’épisode rabelaisien des « paroles gelées » donne une forme littéraire remarquable.

Le goût prononcé pour toutes les formes d’échanges en société, des propos et joyeux devis à la « conférence » ou à la conversation civile, les réflexions poétiques sur l’euphonie ou encore les recherches naissantes sur les langues vernaculaires témoignent de la vitalité de pratiques orales qui s’enracinent dans la tradition médiévale, et de l’apparition d’intérêts nouveaux. L’analyse de la polysémie de « paroles » doit en outre aider à comprendre les bouleversements qu’introduit l’imprimerie dans les rapports entre expression verbale et écrite. Plutôt que de privilégier l’une ou l’autre, la production littéraire, intellectuelle et artistique de la Renaissance ne propose-t-elle pas de lier précisément l’écriture des paroles et l’acte de parler de multiples manières afin d’explorer les échanges possibles entre les différents modes d’expression de la pensée ?

Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble, autour de textes connus et moins connus allant de la fin du Moyen Âge au seuil du XVIIe siècle, afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que la polysémie de paroles révèle du foisonnement complexe de la pensée, des arts et des savoirs de la Renaissance.

15 novembre :
Agnès Passot (Université de Lille 3),
Parole de Dieu, paroles de poètes: Marguerite de Navarre, Victor Brodeau, Charles Fontaine.

13 décembre :
Claire Couturas (Paris),
Les Essais de Montaigne: une parole de bonne foi.

29 novembre :
Céline Bohnert (Université de Paris IV-Sorbonne),
Paroles végétales: les métamorphoses de Myrrha et d’Adonis dans la Lydiade de Descalis (1602).

17 janvier :
Anne-Sophie Germain (Université de Picardie),
Les pèlerins de la Renaissance, acteurs et metteurs en scène de la parole biblique.

31 janvier :
Estelle Doudet (Université Lille 3),
Paroles en scène au XVIe siècle: allégories et métaphores dans les sotties.

14 février :
Anne-Hélène Klinger (Université Lille 3),
La parole du maître, parole par excellence ? (Charles de Bovelles, humaniste et pédagogue, 1479-1567)

7 mars :
Amélie Blanckaert (Université Paris III),
« Paroles triées et démonstrations exquises »: du babil à la doctrine dans les romans de Nicolas Denisot et François Béroalde de Verville.

21 mars :
Natalia Bercea-Bocskai (Université de Cluj et de Genève),
Paroles « pestiferes », paroles « melliflues » : tours et détours de la parole dans les Angoysses douloureuses d’Hélisenne de Crenne (1538)

4 avril :
Caroline Trotot (Université de Marne-la-Vallée),
La parole poétique dans les Amours de Ronsard : de la prophétie à la conversation.

9 mai :
Laetitia Sansonetti (Université de Paris III Sorbonne),
De la parole à l’acte : discours de la séduction dans Vénus et Adonis de Shakespeare et Hero et Léandre de Marlowe (1593).

30 mai :
Carine Luccioni (Paris IV)
Les accents d’une nymphe plaintive : Echo, miroir du dire mélancolique dans la poésie de l’âge baroque (1580-1630).

Translations

Translations (2002-2003)

Organisatrices : Elsa Kammerer, Anne-Hélène Klinger et Anne-Laure Metzger-Rambach.

« Translation » (du latin translatio) ou encore « translater », « transférer », sont deux termes largement utilisés par la langue de la Renaissance pour dire le passage et le déplacement. Les auteurs, les imprimeurs ou les artistes expérimentent sous cette notion diverses pratiques : il n’est point de traduction, de métaphore, de voyage, d’illustration – et même d’extase – qui ne s’apparente à une translation. La polysémie de la notion mérite donc examen et réserve sans doute quelques surprises.

Translation, à une époque où le terme de traduction n’existe pas encore, désigne au premier chef le passage d’une langue dans une autre ; chez certains penseurs, elle recouvre le mouvement de l’esprit capable d’accéder à des réalités supérieures ; elle a des affinités avec la pensée allégorique et la métaphore rhétorique. Faut-il y voir, à la faveur des liens qu’elle entretient avec la translatio imperii et la translatio studii médiévales, une volonté de préserver un savoir autrement perdu ? Ou bien la dynamique de transformation inhérente à la notion ne touche-t-elle pas au processus de création même ? Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble autour de textes connus et moins connus afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que révèle la notion polysémique de « translation » du foisonnement complexe de la pensée et des savoirs de la Renaissance.

Programme:

18 novembre :
Réunion de lancement : problématique, mise au point lexicologique, histoire de la notion.

2 décembre :
Estelle Doudet (Université de Paris IV)
Translation du même au même : les mises en jeux de l’autorité et de l’identité littéraires dans les remaniements des textes français au seuil de la Renaissance.

16 décembre :
Caroline Trotot (Université de Marne la Vallée)
La translation métaphorique dans la poétique de la Pléiade.

13 janvier :
Marie-Alice Belle (ENS Ulm)
Du Tibre à la Tamise, ruines de Rome et poésie nationale : Pétrarque, Du Bellay, Spenser.

3 février :
Claire Couturas (Paris)
Une pratique de transfert dans les Essais de Montaigne : les Vies parallèles de Plutarque.

17 février :
Anne-Hélène Klinger (Université de Lille)
Mouvements de l’esprit : extase biblique (translatio) et démarches intellectuelles chez Charles de Bovelles (1469-1567).

10 mars :
Elsa Kammerer (Université de Lille 3) et Anne–Laure Metzger–Rambach (Fondation Thiers)
« Prendre le sens de la lettre » (J. Locher) ou « faire parler en françoys » (J. de Vauzelles) : le rôle de la traduction dans la littérature spirituelle (1497 – 1542).

24 mars :
Christophe Bourgeois (Université de Paris 4)
Parler « la langue de Canaan », une impossible conversion ? Paraphrases et poèmes d’inspiration biblique à la fin du siècle.

7 avril :
Benedikte Andersson (Université de Paris 3)
« La Restauration de la poésie lyrique à la Renaissance : l’exemple anacréontique. »

28 avril :
Catherine Séguier-Leblanc (Paris)

5 mai :
Marine Molins (Lille)
La Traduction mise en page : les efforts conjoints des imprimeurs et traducteurs d’Ovide et Virgile (1496 – 1560).

19 mai :
Bilan et perspectives.


Vacances

Vacances (2001-2002)

Organisateurs : Anne-Hélène Klinger, Anne-Pascale Pouey-Mounou et Nicolas Weill-Parot.

– Paige, mon amy, emplis icy et couronne le vin, je te pry.
Natura abhorret vacuum.
– Diriez-vous qu’une mousche y eust beu ?
(F. Rabelais, Gargantua,  » Les propos des bien yvres « )

 » Vaguer  » et  » vaquer  » au XVIe siècle, vagabonder, divaguer, extravaguer même parfois, est-ce partir en quête d’une difficile plénitude ou plutôt s’interroger sur la raison d’être de réalités inassignables, d’inconsistances subites, de pensées minoritaires dans un ordre du monde et du langage mal préparé à les accueillir ? Loin d’être inscrite dans l’ordre régulier des choses comme elle peut l’être de nos jours, la  » vacance  » possède alors un caractère impromptu dans une nature qui, on le sait,  » abhorre le vague  » ou le vide ; et son contraire n’est peut-être pas tant la plénitude qu’une forme de légitimité qui se cherche à travers les divagations du langage.

Car la  » vacance  » revêt dans le langage de l’époque les contours imprécis d’une notion toujours prompte à susciter en son sein les réseaux connexes de l’ » inanité  » déployée sous toutes ses formes, du vide ou du  » vague « , de la vacuité et du vagabondage, et même de la vague, dont l’ » onde vagabonde  » invite tour à tour à l’exploration apeurée des abîmes et aux errances amoureuses. Plus encore, cette notion n’a peut-être d’unité que celle que les écrivains lui accordent en jouant de cette polysémie, eux qui à force de jeux de mots et d’approximations inventent un langage dont les résonances se rencontrent, se heurtent et se précisent mutuellement.

Dire et penser le  » vague  » au XVIe siècle, c’est donc peut-être aussi faire de lui un langage et inventer, non pas les mots pour dire une expérience du vide éventuellement vécue, mais plutôt le statut de réalités indécises, menaçantes ou insignifiantes, qui en se déployant entre le  » tout  » et le  » rien  » conjuguent le vide à l’extravagance. Se demander  » si le vague reçoit les formes vagabondes « , c’est déjà faire de l’épicurisme un langage pour une imagination en quête d’elle-même, et hésiter à propos du vide entre le platonisme, l’aristotélisme ou l’épicurisme, c’est répondre à un appel du vide d’autant plus pressant qu’il engage l’avenir de toute création esthétique. Que les états du corps et de l’âme hésitent entre le néant et la divagation, et c’est déjà une littérature nouvelle qui s’affirme et revendique ses propres voies. Que la vacance du pouvoir s’impose sans remède immédiat, et c’est tout un ordre du monde et du langage qu’il faut reformuler en repensant l’ordre politique. Et mettre en scène la chute d’un objet  » par le vide  » ou une île flottante vagabondant sur les vagues, c’est explorer les frontières mal affermies d’un monde plus instable qu’il n’y paraît. Le  » vague « , le vide et le vain, indissolublement apparentés dans les textes sinon dans l’étymologie, à travers l’idée d’une  » vacance  » polysémique, ne seraient-ils pas les indices d’une quête rigoureuse de légitimité qui s’effectue dans, et par le  » vague  » des mots et des choses ?

Programme :

11 mars :
Marie Gaille (Université de Paris X-Nanterre)
Le pouvoir comme lieu vide : Machiavel et la mise en scène de la vacance du pouvoir

25 mars :
Myriam Marrache (Université de Poitiers)
Texte copieux et ventres creux : le souper des Lanternes de Rabelais

8 avril :
John Nassichuk
Communication sur Louis des Masures (titre à préciser)

29 avril :
Emmanuelle Hénin

6 / 13 mai :
Anne-Laure Metzger (Paris)
Conjurer le vide : le cas de La Nef des Fous de Sebastian Brant à Pierre Rivière (1494-1497)

27 mai :
Tristan Dagron

10 juin :
Bénédicte Beaumin (Paris)
Vague sémantique et vagabondage stylistique chez Pétrarque : étude comparée du De Vita solitaria et du De Otio religioso

Médiocrités

Médiocrités (1999-2000)
« Ni l’un ni l’autre, et les deux à la fois… »

Organisateurs : Emmanuel Naya et Anne-Pascale Pouey-Mounou.

Le « médiocre » constitue au XVIe siècle un paradoxe vivant. Sur ce qui, à nos yeux, frôle l’inexistence, se focalise l’attention des hommes de ce temps qui l’investissent d’enjeux tant philosophiques et moraux que cosmologiques, politiques et littéraires.
Comprise comme l’ensemble des représentations associées aux figures médianes — recherche du juste milieu, équilibre des humeurs, conception des êtres mixtes tels que les androgynes ou les hermaphrodites, recherche de positions intermédiaires en politique ou en religion —, la « médiocrité » est chargée d’une épaisseur sémantique acquise au fil de l’histoire des textes.
Ses implications se déploient de façon polysémique dans la pensée syncrétique de l’époque et dans une langue encore très peu fixée. La notion se cherche alors au long des textes où interviennent, selon les différents aspects de son retentissement dans l’univers personnels des auteurs, plusieurs acceptions divergentes du « milieu » — telles que la mesure, le mélange, la modestie, la neutralité ou encore la mitoyenneté. Redécouvrir ce débat, c’est renouer avec un type de perceptions et de pratiques d’écriture propres à la Renaissance.

Programme de la journée d’études :

14 h – Introduction

14 h 15 – Jean Céard (Université de Paris X – Nanterre) : Le moyen et le neutre.

15 h – Perrine Galand-Hallyn (Université de Paris IV – Sorbonne) : « Médiocrité » stylistique et individualité littéraire à la Renaissance.

16h – Daniel Ménager (Université de Paris X – Nanterre) : Bodin et la neutralité dans la République.

16 h 45 – Thierry Wanegffelen (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) : La via media anglaise au temps de la Réforme : entre réalité et illusions ? Une approche historiographique et historique.

17 h 30 – Conclusions

Feindre

Feindre (2009-2010)

Organisateurs : Céline Bohnert, Nicolas Correard, Catherine Déglise et Arnaud Laimé

À partir de l’âge classique, le champ sémantique du verbe feindre, principalement négatif, se définit pour l’essentiel par l’opposition entre le réel et sa contrefaçon ; plus exactement, il recouvre le double concept d’imitation subreptice du réel et de déploiement manifeste de l’imaginaire. Dans le premier cas, l’action de feindre suppose une intentionnalité maligne : celui qui feint ourdit en secret quelque plan, déguise, dissimule, afin de tromper. La feinte met alors en danger les rapports humains et menace l’intégrité du corps social, qui repose sur la franchise des échanges. Dans le second cas, la feinte souligne avec insistance sa facticité : elle appartient d’une part aux poètes qui ont toute liberté de fabuler, d’inventer ce qui ne saurait avoir d’existence et que l’on ne pourrait prendre pour vrai ; d’autre part, l’emploi croissant de la forme pronominale du verbe (se feindre) traduit la capacité de chacun à se raconter des histoires, à s’illusionner et à vivre prisonnier de ses chimères.

Ces conceptions sont pour une part, bien sûr, un héritage de l’Antiquité et du Moyen Age mais la philologie de la Renaissance, particulièrement sensible à la racine latine du mot, a, plus qu’à toute autre époque, réinvesti ce verbe de façon plus positive. Outre les deux sens retenus par le classicisme, les hommes de la Renaissance ont réactivé en lui d’autres sèmes importants, notamment celui qui concerne la plastique : en effet, feindre provient de fingere, qui signifie tout d’abord « modeler dans l’argile » et par extension « former, façonner », au sens physique puis moral. Feindre n’est pas seulement contrefaire, mais aussi imiter, pour former et créer ; cela nécessite alors une habileté technique, presque démiurgique, qui est le produit d’une virtus, une puissance et une qualité : en témoigne Ronsard dans son Ode à Michel de L’Hospital. Fingere devient un double du poiein grec. Ainsi, force est de distinguer ce qui est feint (fictum) du faux (falsum) et du mensonger (vanum), comme le fait Domenico Nanni Mirabelli, afin de le rapprocher du vraisemblable.

Le séminaire se propose donc cette année, dans la lignée, entre autres, des récents travaux de Theresa Chevrolet, d’explorer la particulière richesse notionnelle de ce mot à la Renaissance et de mesurer les implications non seulement poétiques et rhétoriques de l’art de feindre et son rôle dans le débat sur la mimèsis (à travers certains de ses dérivés comme figura et fictio), mais aussi les influences que ce concept a pu exercer dans le domaine de l’esthétique (peinture et même musique), de la spiritualité, de la morale et de la politique : on pourrait, par exemple, se demander en quoi le prince – ou le courtisan – se doit de feindre pour maintenir la cohésion sociale, à rebours de l’idéal de l’honnête homme du XVIIe s. Ou encore, trouve-t-on à la Renaissance les traces d’écritures de la dissimulation, liées à la présence de contraintes censoriales ? La notion de feintise intervient-elle dans le champ des discours théologiques, des polémiques religieuses, des réflexions sur le paganisme (on peut penser à la fortune de l’hypothèse évhémériste des dieux « feints » par les législateurs) ? Quel rôle est-elle appelée à jouer dans les premières controverses sur le théâtre ?

18 janvier (salle Paul Lapie)
Céline Bohnert
Feinte et fable dans les mythographies renaissantes

1er février (salle de Direction)
Sandra Provini
Le débat sur la fiction dans la poésie historiographique de cour au début de la Renaissance française

1er mars (salle de Direction)
Mathilde Régent
Feindre, connaître, savoir : fiction philosophique et jeux de croyance, de Rabelais à Giordano Bruno

22 mars (salle de Direction)
Emilie Picherot
Feinter la pureté de sang dans l’Espagne de Philippe II : Miguel de Luna, morisque faussaire auteur d’une véritable histoire de l’entrée des musulmans dans la péninsule 

19 avril (salle de Direction)
Valentina Denzel
Etre et apparaître : jeu sur l’identité sexuelle dans les épopées du XVe et du XVIe siècle en France et en Italie

3 mai (salle de Direction)
Nicolas Correard
Le motif de la dissimulation dans les satires lucianesques de la Renaissance : de la feintise à la fiction (Italie, France, Espagne) 

31 mai (salle de Direction)
Mathieu Ferrand
Feindre et dénoncer la feinte : le rôle critique du “stultus” et ses avatars, de la sottie à la comédie néo-latine (Paris, 1500-1550)