(Ad)mirer

(Ad)mirer (2003-2004)

Organisatrices : Elsa Kammerer, Anne-Hélène Klinger et Anne-Laure Metzger-Rambach.

Le verbe mirer fait se rencontrer plusieurs champs sémantiques à la Renaissance. Le regard qui mire un objet – beauté féminine, merveille naturelle, œuvre d’art – l’observe, le contemple, se concentre sur lui, voire, dans les domaines de la chasse ou du jeu, le vise. La forme réflexive se mirer exprime la quête d’une règle, d’un exemple, d’un modèle à imiter, ou encore chez Montaigne, d’une connaissance de soi médiatisée par l’observation d’autrui. Il n’est qu’à mesurer l’engouement de cette époque pour les devises, médailles, emblèmes et autres représentations symboliques pour constater que le visible, l’exemplaire et l’admirable sont alors susceptibles de perceptions et de réalisations artistiques communes. Mirer, tout comme son composé admirer, renvoie à un état affectif intense, une « commotion de l’âme », qui se décline selon des modes parfois bien étrangers à notre admiration moderne, qu’il s’agisse de « l’ébaïssance » du voyageur, de la réaction suscitée par la merveille et le mystère, ou encore de l’inspiration du poète « tiré », « ravi en admiration ». Dans quelle mesure la connaissance humaine et l’activité scientifique, littéraire et artistique de la Renaissance sont-elles animées par ces « manières de voir » dont nous voudrions explorer la spécificité ? Si l’admiration constitue peut-être une des formes privilégiées de l’optimisme dont on crédite mainte réalisation de cette époque, ne fait-elle pas aussi l’objet, dans le contexte de l’imitation ou de la créance accordée aux miracles par exemple, de mises en garde et d’une certaine défiance ? Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble, autour de textes connus et moins connus allant de la fin du Moyen Âge au seuil du XVIIe siècle, afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que la polysémie d’(ad)mirer révèle du foisonnement complexe de la pensée, des arts et des savoirs de la Renaissance.

24 novembre 2003 :
Anne-Hélène Klinger (Université de Lille 3)
« Figures de l’admiration et du ravissement chez Charles de Bovelles »

15 décembre :
Agathe Sultan (Université de Paris IV-Sorbonne)
Miroirs sonores : les motets de Guillaume de Machaut, du microcosme au macrocosme.

12 janvier :
Anne-Sophie Germain (Université de Picardie)
Les Merveilles de la ville de Rome : les guides de Rome à la Renaissance et leur influence sur l’admiration des voyageurs français.

2 février :
Benedikte Andersson (Université de Versailles Saint Quentin)
Le miel de la merveille admirer pour écrire. Etienne Binet, Le Livre des merveilles (1621)

3 mai :
Céline Bohnert ( Université de Paris IV)
« Ce beau sujet le miracle d’amour » : admiration et ravissement dans Le Combat de l’Amour et de la Chasteté de François Mandelot (1619) et L’Adonis de la Cour de Claude Favier (1624)

24 mai :
Grégoire Holtz (Université de Paris IV)
L’Admiration de la nature dans les pérégrinations (1611-1617) : les récits de François Pryrad et de Jean Mocquet.

7 juin :
Claire Couturas (Paris) et Bruno Roger-Vasselin (Paris)
Séance à partir des Essais de Montaigne.

14 juin :
Anne-Pascale Pouey-Mounou (Université de Picardie-Jules Verne)
Les Admirations de Panurge.

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