Paroles

Paroles (2004-2005)

Organisatrices : Agnès Passot-Mannooretonil, Anne-Hélène Klinger, Elsa Kammerer et Anne-Laure Metzger-Rambach.

Le mot « parole », depuis l’ancien français, a largement élargi son champ de signification originel, celui de la parabole biblique ou rhétorique.Héritier d’un lexique latin abondant (sermo, vox, verbum, elocutio), le terme de « paroles » au XVIe siècle fait se rencontrer les différents champs sémantiques de la voix et du style, de l’acte de proférer, du discours et de la révélation. Poètes, médecins, prédicateurs et pédagogues, penseurs et philosophes de la Renaissance, sont sensibles à la double dimension des paroles: en même temps qu’ils s’interrogent sur leur origine spirituelle, ils accordent une importance majeure à leur matérialité (son, souffle, prononciation), à laquelle l’épisode rabelaisien des « paroles gelées » donne une forme littéraire remarquable.

Le goût prononcé pour toutes les formes d’échanges en société, des propos et joyeux devis à la « conférence » ou à la conversation civile, les réflexions poétiques sur l’euphonie ou encore les recherches naissantes sur les langues vernaculaires témoignent de la vitalité de pratiques orales qui s’enracinent dans la tradition médiévale, et de l’apparition d’intérêts nouveaux. L’analyse de la polysémie de « paroles » doit en outre aider à comprendre les bouleversements qu’introduit l’imprimerie dans les rapports entre expression verbale et écrite. Plutôt que de privilégier l’une ou l’autre, la production littéraire, intellectuelle et artistique de la Renaissance ne propose-t-elle pas de lier précisément l’écriture des paroles et l’acte de parler de multiples manières afin d’explorer les échanges possibles entre les différents modes d’expression de la pensée ?

Autant de questions que nous aimerions défricher ensemble, autour de textes connus et moins connus allant de la fin du Moyen Âge au seuil du XVIIe siècle, afin de discerner, au croisement d’approches disciplinaires différentes, ce que la polysémie de paroles révèle du foisonnement complexe de la pensée, des arts et des savoirs de la Renaissance.

15 novembre :
Agnès Passot (Université de Lille 3),
Parole de Dieu, paroles de poètes: Marguerite de Navarre, Victor Brodeau, Charles Fontaine.

13 décembre :
Claire Couturas (Paris),
Les Essais de Montaigne: une parole de bonne foi.

29 novembre :
Céline Bohnert (Université de Paris IV-Sorbonne),
Paroles végétales: les métamorphoses de Myrrha et d’Adonis dans la Lydiade de Descalis (1602).

17 janvier :
Anne-Sophie Germain (Université de Picardie),
Les pèlerins de la Renaissance, acteurs et metteurs en scène de la parole biblique.

31 janvier :
Estelle Doudet (Université Lille 3),
Paroles en scène au XVIe siècle: allégories et métaphores dans les sotties.

14 février :
Anne-Hélène Klinger (Université Lille 3),
La parole du maître, parole par excellence ? (Charles de Bovelles, humaniste et pédagogue, 1479-1567)

7 mars :
Amélie Blanckaert (Université Paris III),
« Paroles triées et démonstrations exquises »: du babil à la doctrine dans les romans de Nicolas Denisot et François Béroalde de Verville.

21 mars :
Natalia Bercea-Bocskai (Université de Cluj et de Genève),
Paroles « pestiferes », paroles « melliflues » : tours et détours de la parole dans les Angoysses douloureuses d’Hélisenne de Crenne (1538)

4 avril :
Caroline Trotot (Université de Marne-la-Vallée),
La parole poétique dans les Amours de Ronsard : de la prophétie à la conversation.

9 mai :
Laetitia Sansonetti (Université de Paris III Sorbonne),
De la parole à l’acte : discours de la séduction dans Vénus et Adonis de Shakespeare et Hero et Léandre de Marlowe (1593).

30 mai :
Carine Luccioni (Paris IV)
Les accents d’une nymphe plaintive : Echo, miroir du dire mélancolique dans la poésie de l’âge baroque (1580-1630).

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